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  Pourquoi ai-je craqué pour un Fat ?


(20/01/2015)

Tout d’abord et contrairement à ce que tout le monde croit, FAT ça ne veut pas dire « gros », en référence à la taille des pneus qui équipent ce type de vélos, mais ‘’ For All Terrain’’ , ce qu’est bien ce genre de vélo. Le premier FAT a été inventé par Jean Naud en 1981, en collaboration avec Michelin pour la mise au point des pneus. Pour son exploit il avait mis au point un vélo à trois roues conçu pour une traversée à vélo du Sahara sur 3200Km. Au Québec apparait début des années 2000 le vélo sur neige, connu par les amateurs sous le terme Fatbike et c’est son dérivé qui a récemment fait son apparition chez les amateurs de VTT. L’attrait principal de ces vélos est de permettre de rouler sur une surface habituellement non accessible, ce qui rend le pilotage très amusant et en hiver de retrouver toutes les sensations du VTT quand les chemins sont recouverts de neige.

Depuis pas mal de temps j’avais lu sur des magazines Vtt, quelques articles sur ces vélos à ‘’ gros pneus ‘’ . Je ne pouvais m’empêcher de penser que c’était encore un truc commercial qui n’allait pas durer. Lors d’une visite à Eric Zeitoun, figure emblématique et précurseur du Vtt en France, je lui ai fait part de mes doutes sur le concept du FAT. Il m’a alors démontré que je me trompais - je pouvais lui faire confiance c’est un visionnaire du Vtt - et énuméré toutes les qualités du Fat ; pas de suspensions donc entretien mini, totalement passe-partout sur tous les types de terrain, neige, sable, racines, rocailles … et surtout une autre façon ludique de pratiquer le VTT. Le concept commençait à me paraitre plus intéressant ; un vtt pour toute l’année, sans suspensions à réviser. J’ai commencé à me documenter, je me suis inscrit sur le groupe FatBike France de FB pour y lire les retours d’expérience des possesseurs de FAT et l’idée de moi aussi rouler en FAT a commencée à germer. Tous semblaient emballés par le Fat et disaient passer là où ils passaient difficilement en 26’’. Certain avouaient même avoir du mal à rouler de nouveau sur leur ‘’slimbike’’. L’idée est devenue envie car roulant depuis 1988, j’avais le désir de rouler d’une autre façon.

Donc j’ai commencé à me renseigner sur les caractéristiques requises et bien entendu, sur les tarifs du marché (il y a encore peu d’offres et les prix montent vite avec un départ à 1200 euros). Mais il y a beaucoup de cadres en aluminium, ce qui est un peu contradictoire, alors que le Fat est un ensemble de composants qui recherchent le confort et la souplesse vu qu’il n’y pas de suspensions. Etant de plus un afficionado de l’acier, j’ai cherché un cadre en acier Cromo. Sur les conseils du fondateur du groupe FAT sur FB , qui roule toute l’année depuis 3ans avec un FAT en auvergne et qui a déjà qq milliers de km au compteur, j’ai choisi le Caribou de chez Genesis . C’est une bonne base pour démarrer dans le FAT, avec un bon rapport qualité prix, de l’ordre de 1500 €.

La décision étant prise j’ai commandé un Caribou 2015. Mon colis est arrivé mi-octobre ; ça faisait longtemps que je n’avais pas acheté un vélo complet ! Avantage, je suis vite opérationnel. Premiers tours de roues avec mon club de VTT, avec lequel je roule tous les we. J’ai un peu peur du poids (15kg) mais lors des premiers mètres, je trouve que cela ne se sent pas en roulant. On part avec le groupe. A froid on démarre par une cote que j’ai du mal à finir avec mon 26 ‘’, d’autant que je ne suis pas un acharné de l’effort. Donc cela va être le test. Je réussi à la passer sans trop d’efforts. Les pneus en 4’’ et la faible pression (environ 500-600g) font que le vélo épouse le sol, sans rebonds et avale toute les aspérités du terrain, là ou le 26’’ rebondi et génère des vibrations gênantes pour le pilote et pour l’adhérence ; un vrai tracteur.

Par contre dans les portions route qui suivent ce n’est pas idéal, ça tire pas mal, on a la désagréable impression de rouler sous-gonflé. Pour éviter cela, dès que je trouve un bout d’herbe, je vais dessus pour éviter le bitume. En descente, le FAT se révèle être un vrai rail, grâce à la grosseur des pneus. On poursuit notre chemin avec un passage bien boueux et là encore cela passe tranquille dans 10 cm de mou. Du coup, vu que j’écarte la boue avec ce VTT, un des ados du club, se colle à moi pour profiter de la zone dégagée par mes gros pneus. Arrive une autre montée mais gêné par les vélos qui patinent, je dois poser le pied et tenter un redémarrage en côte. Et là surprise ! Ça repart tranquille, sans patinage. Je suis bluffé !

Après cette sortie et après avoir roulé depuis quelques mois, je suis super emballé par le FAT. Plus je roule avec, moins j’ai envie de remonter sur un 26’’. J’attends l’hiver pour le tester sur la neige car le Fat est un vélo pour rouler toute l’année. Fini le « je range mon vtt en hiver et je fais du ski ».

Petit nuage au tableau, rouler avec d’autres vtt classiques n’est pas idéal. On est alors un peu à la traine sur les portions de route du fait de l’absence de rendement, ce qui ralenti le groupe (je le constate lorsque j’encadre les jeunes du club le samedi) .
Ou alors il ne faut rouler qu’entre Fat !!! .

Après, comme beaucoup de FAT riders , je révérais de passer au sur-mesure acier de chez Victoire-Cycles, Salamandre, Vagabonde , ou Edelbikes, pour ne citer que les plus connus ou alors un titane de chez Skyde .

Avec des composants light, fourche carbone, cadre acier sur-mesure, on peut monter une machine de 10kg.

Le Fat en dimensions :

  • Entraxe avant : 135 mm, arrière entre 170 et 190 mm
  • Le boitier de pédalier ; 100mm
  • Jante de 47 à 100 mm
  • Pneus de 3’’7 a 4’’ 7 (big fat) courant 4’’
  • En général transmission 1x10 mais on trouve pas mal de Fat du marché en double plateau.

Concernant ce dernier point, je constate que le rapport 30 avant et K7 36 dents est un peu limite en côte. C’est un peu comme rouler en 24/26 mais avec des pneus trois fois plus gros. Donc je vais passer en double plateaux 24/36 pour pouvoir passer partout, même avec un bon pourcentage, sans poser pied a terre.
Il existe aussi une fourche Fat, la Rock Shox Bluto et aussi des FAT tout-suspendus, mais en ce cas, je pense que l’on dérive du concept original, qui est un vélo passe-partout avec un entretien simple.

Le FAT est donc à tester, pour se rendre compte combien c’est une autre façon de rouler. C’est un engin ludique, d’un entretien minimaliste. C’est aussi un excellent engin pour faire du trail, la version moderne du vélo-sacoches de treking, histoire de voyager loin en empruntant tous les chemins possibles.

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Auteur - Erbi




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